Les urgences dentaires et buccales

Les urgences concernant  les dents nécessitent la prise en charge du traumatisme, de la douleur associée et de l’infection potentielle.

Parfois traiter la cause n’est pas une urgence, mais traiter la douleur l’est.

On peut distinguer des urgences dues à la douleur, des urgences infectieuses et des urgences traumatiques.

LES URGENCES  BUCCO-DENTAIRES DOULOUREUSES

Il est parfois difficile de se rendre compte si l’animal souffre d’un  problème bucco-dentaire ; en effet il ne peut ne manifester qu’une simple gêne, parfois il peut se plaindre au moment où il prend les aliments dans sa bouche ou lorsqu’il mastique. Parfois, il est agressif si on essaie de toucher sa tête. Il arrive que le problème ne devienne évident que quand l’animal commence à éprouver des difficultés à manger ou même arrête totalement de manger.

Les douleurs peuvent être dues à :

  •  des résorptions dentaires chez le chat : il s’agit de véritables destructions d’une partie de la dent suite à une inflammation. Elles sont souvent très douloureuses et souvent visibles uniquement après un examen radiographique.
  •  Une fracture dentaire : si la pulpe de la dent est ouverte, cela peut être douloureux, mais cela passe souvent inaperçu : par contre l’inflammation de la gencive, de l’os dans lequel la dent est implantée, ou du ligament qui unit la dent à cet os peut provoquer une douleur importante.
  •  Une atteinte de la muqueuse : que ce soit des ulcères ou une inflammation importante dans l’arrière de la bouche, en particulier chez le chat, la douleur est souvent très importante. C’est également le cas chez le chien, lors d’inflammation chronique de la bouche avec des ulcères autour des dents, au niveau des  joues. Enfin, des maladies plus rares d’origine auto-immunes et cancéreuses peuvent générer une douleur importante.

LES URGENCES BUCCO-DENTAIRES INFECTIEUSES

On recense plus de 500 espèces de bactéries à l’intérieur de la bouche. Elles participent à la formation de ce que l’on appelle la plaque dentaire sur laquelle va se former le tartre : elles peuvent également infecter la pulpe dentaire suite à une fracture de la dent ou d’une carie ou d’une résorption dentaire.

  •  Infection endodontique (intérieur de la dent) : les bactéries se multiplient dans la pulpe dentaire et vont ressortir vers les racines ; l’inflammation et l’infection sont alors très douloureuses . Il peut y avoir formation d’un abcès qui va percer l’os, créant ainsi une fistule (le cas le plus courant se produit en dessous de l’œil).
  •  Maladie parodontale (tissu autour de la dent) : elle est chronique par définition, sa prise en charge est donc non urgente. Mais elle peut entraîner une résorption osseuse, voire une fracture de la mâchoire. Il faut donc intervenir rapidement sur ce type de lésions.
  •  Les corps étrangers (morceau de bois fiché entre deux dents, os coincé entre deux arcades, épillets de graminées piqués dans les amygdales et entre les dents) peuvent être à l’origine d’une infection buccale. En général, l’animal bave beaucoup, il est très gêné. L’odeur devient rapidement nauséabonde. La plus part du temps, il faut  anesthésier l’animal  pour retirer le corps étranger.
  •  Les tumeurs buccales, notamment si elles sont volumineuses, se surinfectent fréquemment.

LES URGENCES BUCCO-DENTAIRES TRAUMATIQUES

  •  Fractures dentaires : Une fracture d’une dent chez un jeune animal doit être prise en charge dans les 48 heures car la pulpe est ouverte et peut s’infecter : chez un adulte, cela peut attendre un peu plus car la pulpe est fermée.
  •  Luxation dentaire : elle peut être plus ou moins importante, parfois la dent bouge simplement dans son logement, parfois, elle est luxée avec une fracture de l’os. Dans de nombreux cas, en intervenant rapidement, on peut remettre la dent en place et la fixer.
  • Fractures de la mâchoire : la plus courant est la fracture entre les incisives chez le chat ayant chuté d’un ou plusieurs étages.
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Les maladies de la prostate du chien

  • Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP): la plus part des chiens n’ont pas de symptômes, à la différence de ce qui se passe chez l’homme. Les symptômes sont liés à l’augmentation de taille de la prostate : le chien force pour faire ses crottes, il peut être constipé. Si ces difficultés persistent, elles peuvent provoquer la formation d’une hernie périnéale (déchirure des tissus autour du rectum et de l’anus par laquelle passe de la graisse abdominale, parfois de l’intestin ou la vessie). Il peut y avoir également des signes urinaires : écoulement de sang en dehors des moments où le chien fait pipi et parfois de la difficulté à uriner ; dans quelques rares cas, la vessie n’arrive plus à se vider.
  •  Les prostatites aigües et chroniques : ce sont des inflammations d’origine infectieuse. Ce sont les plus fréquentes des affections de la prostate. Les bactéries s’installent dans la prostate soit à partir des voies urinaires ou par voie sanguine. Les prostatites peuvent être observées chez des mâles castrés ; dans ce cas là, soit la prostatite est antérieure à la castration, soit elle est secondaire à une tumeur.
    • Les prostatites aigües sont d’apparition soudaine et moins fréquentes que les chroniques : on observe, dans ce cas, des signes généraux tels que fatigue, vomissements, fièvre, déshydratation, perte de poids, des écoulements urétraux plus ou moins hémorragiques, des oedèmes au niveau du scrotum, du prépuce et des membres postérieurs. Il y a parfois de la difficulté à la marche du fait de la douleur.
    • Les prostatites chroniques peuvent faire suite à une aigüe ou se développer d’emblée et passer inaperçues. Elles passent plus inaperçues, mais il peut y avoir également des écoulements : il y a souvent une infection urinaire associée.
  • Les abcès prostatiques : les prostatites aigües ou chroniques peuvent conduire à la formation d’abcès prostatiques. Ces abcès peuvent également se développer dans des kystes déjà présents. Ces abcès peuvent parfois se rompre dans l’abdomen, provoquant une péritonite ou libérer des bactéries dans le torrent circulatoire, conduisant alors à une septicémie.
  • Les kystes : ils peuvent être internes à la prostate ou externes à elle (para-prostatiques) : dans ce deuxième cas, ils peuvent être très volumineux. Les kystes internes peuvent être infectés, les kystes externes le sont rarement.
  • Les tumeurs de la prostate : elles peuvent survenir sur un mâle castré ou pas et, de préférence, sur des chiens de race moyenne ou grande. Les tumeurs représentent la troisième cause des affections de la prostate en terme de fréquence. Les tumeurs de la prostate sont toujours malignes chez le chien et ont tendance à envahir les tissus des organes environnants (vessie, urètre, canaux prostatiques, colon). Les tumeurs prostatiques ont tendance à métastaser vite et dans de nombreux organes : os (surtout vertèbres lombaires), foie , rein, poumons, ganglions régionaux etc… Les signes observés en cas de tumeur sont comparables à ceux des autres affections de la prostate : difficulté à faire ses crottes, constipation, difficulté à uriner ; cependant les signes généraux sont souvent plus marqués : fièvre, amaigrissement, douleurs au niveau du dos

Les principales affections de la prostate ont donc des signes très voisins ; si, le plus souvent, elles évoluent à bas bruit, elles peuvent revêtir parfois un caractère d’urgence, surtout en cas d’infection avec des symptômes généraux marqués : difficultés à se déplacer, fièvre, difficulté à urinaire, oedème. Il est donc important, en cas de symptômes évocateurs, de réagir rapidement, pour éviter des complications qui peuvent être gravissimes (septicémie, péritonite, incapacité à uriner.. etc)

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Mon chien « se paralyse ». que faire ?

Votre chien, brutalement ou de manière plus progressive, a des difficultés à se déplacer, à se maintenir sur ses 4 pattes , ou les postérieurs ne « suivent pas ». Bref, vous pensez qu’il se paralyse.

Ce peut être :

  • un problème orthopédique (osseux, articulaire ou tendineux)
  • un problème nerveux dans la zone du cerveau, ou de la moelle épinière ou des nerfs périphériques. Ce problème nerveux entrainant une mauvaise circulation de l’influx nerveux est à l’origine de la paralysie.

La moelle épinière peut être comprimée par quelque chose d’externe:

  • une hernie discale, qui est une pathologie fréquente chez le chien
  • un déplacement de vertèbre dû à un traumatisme, une chute, une morsure
  • un abcès entre deux vertèbres (spondylo-discite)
  • une tumeur.

Dans tous ces cas, la compression entraîne une mauvaise conduction du signal électrique, ce qui entraîne la paralysie.

La moelle épinière peut également être le siège d’un problème interne tel qu’une inflammation (myélite) , un problème vasculaire (embolie) ou encore une tumeur interne.

Donc les causes de la « paralysie » sont très variées : il faut donc faire réaliser rapidement un examen par un vétérinaire : à l’issue de cet examen, il sera le plus souvent possible de faire la différence entre un problème orthopédique et un problème neurologique et donc entre une fausse paralysie et une vraie. Si le problème est neurologique, il sera également souvent possible de situer la partie atteinte : cerveau, moelle épinière, nerfs périphériques. Par contre, des examens complémentaires seront absolument nécessaires pour localiser précisément la lésion et en déterminer la nature.

  • Radiographie : elle permet de voir des fractures, des tumeurs osseuses, parfois des hernies, mais la moelle épinière n’est pas directement visible : il faudra en souligner le contour avec un produit de contraste (myélographie) : l’injection se fait entre deux vertèbres (ponction lombaire) ce qui permet, avant d’injecter le produit de contraste, de recueillir un peu du liquide qui baigne la moelle épinière (liquide céphalorachidien) et d’en faire une analyse .
  • Myélographie : elle permet de voir si la moelle épinière est déviée par un phénomène compressif (hernie du disque, tumeur des méninges) ou si son diamètre est plus important dans une certaine zone, ce qui est évocateur d’une tumeur de la moelle épinière.
  • Analyse du liquide céphalorachidien : elle permettra de déterminer si la moelle est le siège d’une inflammation (myélite).

Cependant, dans 5 à 10% des cas, ces examens complémentaires ne permettent pas de conclure et il sera nécessaire d’effectuer un scanner ou une IRM pour arriver au diagnostic.

En ce qui concerne le traitement, il est dirigé contre l’affection responsable, par exemple :

  • S’il s’avère qu’il s’agit d’une compression par une hernie discale, une intervention chirurgicale précoce de décompression, permettra à votre animal de remarcher normalement pour peu que l’intervention soit rapide après le début des symptômes et que la moelle n’ait pas trop souffert.
  • S’il s’agit d’une compression par une tumeur externe, le retrait de la tumeur , selon sa nature, peut amener la guérison définitive.
  • S’il s’agit d’une inflammation de la moelle épinière, un traitement anti-inflammatoire pourra amener la guérison.

Ces exemples de traitement vous permettent de réaliser que ce n’est pas parce qu’il vous semble que votre chien se paralyse qu’il n’y a pas de solution, et que plus une intervention, si elle est possible, est précoce, plus les chances de récupération sont importantes

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L’envenimation ophidienne chez le chien et le chat

L’envenimation ophidienne ou empoisonnement général par une morsure de serpent est peu fréquente. En France, elle est le fait des morsures de vipère et dans le sud, plus particulièrement la vipère aspic.Envenimation ophidienne

Quels sont les effets du venin ?

Le venin vient perturber la coagulation : il y a souvent dans un premier temps, une hyper-coagulation puis dans un deuxième temps une hypo-coagulation.

Il a également une action inflammatoire qui provoquera de la douleur, un effet hypotenseur et parfois un choc d’origine allergique (dit anaphylactique). 

Le venin est toxique pour le cœur : il provoque une diminution de la fréquence et de l’amplitude des contractions cardiaques qui seront visible sur un électrocardiogramme.

Il provoque également à partir de la zone de la piqûre une libération de différentes substances. Ces substances fragilisent les vaisseaux capillaires et en provoque la dilatation, ce qui aggrave l’effet hypotenseur, et la mauvaise oxygénation des tissus

Enfin il provoque, dans le sang, une augmentation des globules blancs, une modification de la forme des globules rouges et leur destruction (hémolyse).

 

Quels sont les signes de cet empoisonnement?

Signes locaux :

  • au niveau de la zone de morsure, il peut y avoir un gonflement, de la douleur et une destruction des tissus. Il n’est pas toujours aisé de repérer la trace des crochets. Le gonflement (oedème inflammatoire) est souvent dur, avec des ecchymoses. En cas de morsure au cou, le gonflement peut provoquer de la gène respiratoire par compression des voies respiratoires.
  • par la suite, la zone de la morsure se refroidit, avec apparition, en 12 heures environ, de phlyctènes et d’escarres. Les poils tombent autour de la morsure, des surfaces cutanées plus ou moins étendues se nécrosent.
  • La douleur initiale, lors de la morsure, est modérée, . Elle est exceptionnellement absente.
    En revanche, elle devient secondairement très vive, de type écrasement ou brûlure.

Signes généraux :

Ils découlent de l’action du venin : ils peuvent être absents lors d’envenimations légères et sont de nature et d’intensité variables lors d’envenimations plus sévères.

  • Troubles sanguins : Cela va de tâches hémorragiques sur la peau (purpura) à de véritables saignements que l’on peut retrouver dans les urines, les selles, au niveau des gencives ou du nez.
  • Troubles digestifs : Ils sont fréquemment décrits. Le ventre est douloureux, et il peut y avoir des vomissements et/ou de la diarrhée.
  • Troubles cardio-vasculaires : L’hypotension est le signe le plus fréquemment observé. Elle est souvent accompagnée d’une diminution de la fréquence cardiaque. Dans les formes graves, on observe des modifications de l’électrocardiogramme.
  • Troubles respiratoires : Ils sont peut fréquents, en dehors des cas où la morsure se situe à l’encolure et où l’on peut observer une asphyxie provoquée par l’obstruction des voies respiratoires supérieures.
  • Troubles rénaux : Ils sont assez rares et souvent transitoires. Il s’agit d’une insuffisance rénale aigue.
  • Troubles neurologiques et neuro-musculaires : Angoisse et anxiété sont assez fréquentes au cours de l’envenimation vipérine. Des troubles locomoteurs avec spasmes musculaires, ataxie, convulsions puis paralysie peuvent apparaître en fin d’évolution. Ce serait du à un manque d’oxygénation du cerveau.

 Recommandations :

L’utilisation d’aspivenin n’est ni pratique ni efficace chez le chien; si l’on a vu la morsure et repéré la zone des crochets, on peut désinfecter au soluté de Dakin qui atténue l’effet toxique du venin, mais le plus important est de s’adresser le plus rapidement possible à une clinique vétérinaire, les troubles de la coagulation pouvant s’installer en 1 ou 2 heures.

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L’asthme du chat

C’est une maladie des bronches et des poumons comparable à la maladie humaine. Elle est provoquée par une réaction allergique à des substances présentes dans l’air appelées aéro-allergènes auxquelles l’animal se sensibilise progressivement. Il peut s’agir de :

  1. Pollens : dans ce cas, les crises sont saisonnières.
  2. Poussières de maison : acariens
  3. Fumées : cigarettes, cheminée…
  4. Poussières : de la litière, des tapis, des croquettes, des  plumes d’oreiller.
  5. Aérosols : parfums, désodorisants, insecticides.
  6. Produits ménagers : détergents.
  7. Pollution de l’air

Certains agents parasitaires  digestifs et/ou respiratoires, bien qu’ils ne soient pas des aéro-allergènes peuvent être également impliqués.

Les chats de race siamois et himalayen semblent plus fréquemment atteints. Cette maladie touche généralement de jeunes adultes et est légèrement plus fréquente chez la femelle. On estime qu’environ 1% des chats sont asthmatiques ; ce n’est donc pas une maladie rare.

Une fois sensibilisé, le chat, lors d’une réexposition à l’aéro-allergène,  va déclencher une crise allergique plus ou moins brutale au niveau des bronches et des poumons, avec sécrétion de mucus dans les voies respiratoires et constriction des bronches astme chat(bronchospasme) : il en résulte les symptômes suivants :

  • épisodes de toux sèche, quinteuse et/ou une respiration sifflante.
  • position assez caractéristique : le chat est plaqué au sol, la tête et le cou en extension, la bouche ouverte et langue sortie.
  • Dans les cas graves, la langue et les muqueuses du chat peuvent être bleutées par défaut d’oxygénation (cyanose).

Les crises  peuvent ne durer que quelques minutes, mais être très violentes, provoquant un étouffement parfois mortel.

Entre ces épisodes, le chat est en général absolument normal.

La crise d’asthme peut donc être une véritable urgence quand la fonction respiratoire est très perturbée et nécessiter une hospitalisation rapide, l’animal devant recevoir au plus vite les soins adéquats et, en particulier, l’apport d’oxygène. Une fois la crise passée, un traitement au long cours sera mis en place ; la guérison est, en effet rarement envisageable, sauf si l’on arrive à identifier et à éliminer l’agent déclenchant, ce qui est très rarement possible.

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L’éclampsie de la chienne

Qu’est ce que l’éclampsie ?

C’est une maladie qui atteint la chienne dans les 4 semaines après la mise bas, ou parfois juste avant.

Elle est provoquée par une insuffisance de calcium dans le sang ; en effet, à cette période, une grande quantité de calcium est utilisée à partir du sang de la mère pour l’élaboration du lait, et avant l’accouchement, la construction du squelette des chiots. Les chiennes de petite et moyenne race ayant des portées nombreuses sont les plus atteintes.

Quels sont les signes ?

La chienne allaitante ou en fin de gestation présente brutalement des tremblements, de la salivation, puis elle tombe sur  le sol, en tremblant ; elle se met à pédaler ; les tremblements persistent, alors que les membres sont rigides.  La chienne reste en permanence consciente au cours de la crise ; elle respire très fort et très vite. Il est rare que la crise s’arrête spontanément en l’absence de traitement : il y a évolution vers un coma et la mort provoquée par les difficultés respiratoires, l’élévation importante de la température.

Que faire  dans l’urgence?

Il  s’agit d’une urgence qui doit être prise en charge très rapidement. Après confirmation du diagnostic, le vétérinaire urgentiste administrera  doucement du calcium par voie intraveineuse dans une perfusion. La crise disparait en général à la fin de l’administration du calcium. Une supplémentation  en calcium  sera distribuée par la suite à la chienne. Selon l’âge des chiots et les circonstances (disponibilité du maître pour donner le biberon, pour surveiller la chienne), la chienne sera remise avec ses chiots ou non. On pourra éventuellement alterner l’allaitement artificiel et l’allaitement maternel. Sur de grosses portées, une partie des chiots pourra être allaitée artificiellement.

allaitementLa prévention.

Les chiennes qui ont déjà souffert d’éclampsie devront être particulièrement surveillées lors de portées suivantes. Il  n’est pas opportun de donner trop de calcium en fin de gestation, en pensant éviter une éclampsie : en effet cela bloque le fonctionnement des glandes parathyroïdes qui régulent la quantité de calcium dans le sang ; ce blocage risque justement de provoquer l’éclampsie. Une légère carence en calcium en fin de gestation est préférable ; par contre,  les apports doivent être adéquats pendant tout l’allaitement.

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La gastro-entérite à Parvovirus du chien, dite gastroentérite hémorragique.

Le terme gastro-entérite signifie inflammation de l’estomac et de l’intestin : la gastroentérite à Parvovirus est dite hémorragique car il y a des saignements intestinaux provoqués par l’abrasion de l’intestin, là où s’implante le virus. Il  existe d’autres gastroentérites hémorragiques  autres que la parvovirose ; elles ne seront pas abordées dans cet article.

Le virus :
Le Parvovirus canin,est très contagieux et débilitant. Il affecte très sévèrement les chiots qui ne sont pas vaccinés ou mal vaccinés. Le virus se transmet principalement par les excréments infectés et par léchage. Un animal contaminé élimine le virus en grande quantité dans les selles durant deux semaines. Mais le virus peut persister dans l’environnement au-delà de six mois.

Quels sont les symptômes :
Les symptômes peuvent survenir en moyenne 5 jours après l’exposition au virus. Ils comprennent au départ de la faiblesse, une perte d’appétit et une fièvre élevée. Des vomissements et de la diarrhée fréquemment sanglante couleur lie de vin et d’odeur caractéristique se développent par la suite. Le Parvovirus cause des dommages sérieux à la muqueuse intestinale et il peut y avoir absorption de bactéries (septicémie). Tous ces signes entraînent une déshydratation importante. Dans les cas graves, le virus peut entraîner un choc et même la mort. Il peut y avoir également des atteintes du muscle cardiaque, surtout chez les très jeunes chiots.
Certaines races semblent plus susceptibles : Doberman, Rottweiler, PittBull, Labrador, English Springer Spaniel.

Le pronostic :
c’est une maladie grave, surtout chez les jeunes chiots où la mortalité peut être importante et ce, malgré le traitement.

Le traitement
Il n’existe pas de traitement spécifique contre le virus. La plupart des chiens nécessitent une perfusion intraveineuse pour les réhydrater et des antibiotiques en injections, ainsi que des antivomitifs.  Dans certains cas sévères, la perte de protéines à cause de la diarrhée profuse nécessite une transfusion de plasma ou l’administration intraveineuse de colloïdes. Les symptômes peuvent durer de 4 à 7 jours. Un animal qui guérit devrait être isolé des autres chiens pour 3-4 semaines. La désinfection des lieux et des objets contaminés avec de l’eau de javel diluée (1/30) s’avère efficace.

Il faut donc consulter rapidement, en cas de diarrhée et vomissement chez un jeune chien, pour vérifier s’il s’agit d’une parvovirose et mettre en place très rapidement le traitement. En effet, en l’absence de prise en charge rapide, l’état général, du fait de la diarrhée et des vomissements, se détériore rapidement , aggravant ainsi un pronostic déjà réservé.

Conseils aux propriétaires de chien atteints de Parvovirose :
Nettoyage des objets et litières au contact du chien pendant 15 jours suivant la guérison clinique.
Utiliser de l’eau de javel très concentrée : 6 pastilles pour 5 litres d’eau.
En promenade, ramasser ses déjections et rincer avec une bouteille de javel concentrée

Aspect légal :
La  parvovirose est un vice rédhibitoire donnant droit à une garantie de la vente : en clair, si la maladie est suspectée par un vétérinaire dans les 5 jours après la sortie du chenil vendeur (puis confirmée), une demande de remboursement des soins et, éventuellement, de l’animal, s’il décède pourra être faite au vendeur.

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L’intoxication au cannabis chez les animaux domestiques

Le nombre d’intoxications des animaux de compagnie par le cannabis est en augmentation. Le chien est  l’espèce la plus concernée.

Les circonstances de l’intoxication :

Les animaux s’intoxiquent en consommant des mégots,  des joints, de la résine, et, très fréquemment, du  « space cake », gâteau contenant du cannabis que les chiens apprécient particulièrement. L’animal peut être intoxiqué par la fumée si on la lui souffle directement sur la gueule. Le simple mâchonnement d’une barrette de shit peut  suffire  à déclencher l’intoxication.

Les symptômes :

Ils débutent dans les 3 heures qui suivent l’absorption ; Ils sont digestifs , avec vomissements et salivation, et neurologiques avec les pupilles dilatées et une alternance de phases de somnolence et de phases d’excitation . Il peut y avoir des troubles de la fréquence cardiaque et une augmentation de la température.

Au cours des phases d’excitation, l’animal parait désorienté, il peut aboyer et se montrer agressif, peureux.canabis

Ces symptômes persistent entre un et trois jours. Les effets sont donc longs à disparaître car les produits de dégradation du tétrahydrocannabinol, principe actif du cannabis, sont également actifs dans l’organisme.  Indépendamment de la dose,  il y a des sensibilités différentes selon les animaux ; à dose égale, certains chiens font des « bad trips » et d’autres non .

Si  l’animal a ingéré une forte dose (supérieure à 3g/kg chez le chien),  un coma puis la mort peuvent survenir. Ces circonstances là sont exceptionnelles. Dans la majorité des cas, la guérison est au rendez vous.

Que faire :

Il faut appeler le service d’urgence pour annoncer votre arrivée. La prise en charge médicale de votre animal  permettra de le maintenir  calme à l’aide d’injections, et de l’aider à éliminer le toxique plus rapidement grâce à des perfusions.

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L’intoxication au chocolat

 

 

Les circonstances de l’intoxication :

 

Il s’agit d’une intoxication peu connue du public, vu qu’elle n’est pas décrite chez l’homme. Elle  n’est, par contre, pas rare chez le chien, d’autant plus que le chien peut être habitué à consommer un peu de chocolat de manière régulière, en guise de récompense ; la plupart des cas générant des appels aux centres anti-poisons vétérinaires  sont déclarés pendant les fêtes de fin d’année. chocolat

 

Il y a trois substances toxiques présentes dans le chocolat :

  • La théobromine qui est la plus toxique
  • La caféine : présente surtout dans le café, mais aussi le chocolat et le thé.
  • La théophylline ; en moins grande quantité, que l’on retrouve surtout dans le thé.

De ce fait, l’intoxication au café est également décrite chez le chien avec des signes très similaires.
Suivant le type d’aliment consommé, la concentration de théobromine dans le chocolat est très variable, ce qui rend souvent difficile la détermination exacte consommée par le chien ; par exemple, le chocolat noir contient 5mg/gr de théobromine, le chocolat au lait environ 2 fois moins.
Les doses toxiques sont de 15 à 30 g de chocolat noir/kg de chien, 100 à 250 g/kg de chocolat au lait ou de poudre de cacao.
Le chien est très sensible à la théobromine qu’il élimine deux fois plus lentement que l’homme ; le chat est moins soumis au risque car il est 2 fois moins sensible à la théobromine que le chien et sûrement moins consommateur de chocolat.
A forte dose l’intoxication peut être mortelle.

 

Les signes de l’intoxication :

 

Ils  apparaissent, en moyenne, entre 4 et 6 heures  chez le chien:

  • Premiers signes : le chien boit beaucoup, il a des vomissements, de la diarrhée
  • Puis il devient hyperactif, urine beaucoup, paraît saoul, tremble, et peut avoir des convulsions.
  • Plus rarement, il y a accélération du rythme cardiaque et respiratoire, les muqueuses peuvent être violacées, une augmentation de la température corporelle et parfois l’installation d’un coma.

Du fait de la lenteur d’élimination de la théobromine, le pronostic est  toujours réservé au moins pendant 48 heures.

 

Que faire :

 

Il s’agit donc d’une intoxication grave qui doit être traitée rapidement vu les risques mortels et la lenteur d’élimination. Le pronostic est toujours réservé pendant au moins 48 heures.
En prévention, les aliments contenant du chocolat doivent être stockés en dehors de la portée d’un chien ou  d’un chat ; il vaut mieux éviter d’habituer son chien à consommer du chocolat.

 

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Les tumeurs de la rate chez le chien (tumeurs spléniques)

Les tumeurs de la rate sont assez fréquentes chez le chien ; elles peuvent être malignes ou bénignes, l’hémangiosarcome étant la tumeur maligne la plus fréquente. Parmi les tumeurs bénignes, on rencontre les hémangiomes, les hyperplasies bénignes, et parfois de simples hématomes qui peuvent être très volumineux.

L’hémangiosarcome  concerne majoritairement les grandes raçes, surtout entre 7 et 10 ans, en particulier le Berger Allemand, le Golden Retriever, le Rottweiler, .

Quels sont les symptômes :

  • ·          En général il y  a une distension de l’abdomen, qui peut être due à la grosseur anormale de la rate (appelée splénomégalie) et à la présence de sang dans l’abdomen  provoquée par des saignements de la rate. Ces saignements peuvent se produire aussi bien avec une tumeur maligne qu’avec un hématome. Parfois, cette distension n’est pas visible au début et seuls des examens complémentaires (radiographie, échographie, scanner) permettent de l’objectiver.
  • ·          La présence de cette masse provoque un inconfort et une douleur abdominale, entrainant des changements de position fréquente, une  respiration saccadée. Certains grands chiens refusent de se lever. Il peut y avoir des troubles digestifs tels que diarrhée et vomissements.
  • ·          Souvent, du fait de la grande quantité de sang séquestrée dans la rate et/ou des saignements de la tumeurs dans l’abdomen, il y a une anémie visible au niveau des gencives (gencives plus blanches que d’habitude).
  • ·          Enfin, il peut y avoir un véritable choc d’installation très rapide en cas de saignement très important dans l’abdomen.  En effet, la rate est un organe très vascularisé et les tumeurs, quelque soit leur nature, sont souvent très friables. Le poids de ces grands chiens peut ,quand ils se couchent ou s’ils percutent un objet, déclencher les saignements.  

Il est très difficile de savoir à l’issue des examens complémentaires  à quel type de tumeur on a affaire : cependant un  bilan d’extension au moyen de  radiographies, mais surtout échographie et éventuellement scanner est toujours utile car il permet, dans certains cas, de repérer des métastases, en particulier au niveau du cœur droit en cas d’hémangiosarcome. 

En l’absence de métastases détectées lors des examens complémentaire, le traitement est chirurgical après stabilisation du patient et, éventuellement, une transfusion, si les saignements sont très importants. : la rate est retirée et la ou les tumeurs sont soumises à une analyse histologique ; en effet à l’œil nu, certaines masses paraissent bénignes et se révèlent être des hémangiosarcomes très agressifs   et, à l’inverse, des masses qui paraissent très agressives se révèlent être de simples hématomes.

tumeur de la rate d'un chien

Quel est le pronostic ?

Si la tumeur était bénigne, le pronostic est excellent, les chien vivant très bien sans la rate.

Si la tumeur était maligne et, en particulier en cas d’hémangiosarcome, le pronostic n’est pas bon : la survie est de deux mois dans le plus grand nombre de cas après la chirurgie. Si une chimiothérapie est pratiquée après la chirurgie , la survie est augmentée à 6 à 7 mois.

La présence de métastases vient encore assombrir le pronostic.

Il est donc important de réagir rapidement devant toute fatigue brutale, toute distension abdominale, toute modification de la manière de respirer, devant un blanchissement des muqueuses ; en effet, et surtout chez un grand chien, il peut s’agir d’une tumeur de la rate entrainant une hémorragie dans l’abdomen ; la prise en charge vétérinaire rapide conditionne le succès du traitement chirurgical. Le bilan d’extension permet d’affiner l’intérêt de l’intervention chirurgicale.  L’analyse histologique  permettra d’établir un pronostic et de dire si une chimiothérapie permettra, en cas de tumeur maligne, d’augmenter le temps de survie et, dans tous le cas, de prendre la bonne décision.

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